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Image vers vidéo plutôt que texte vers vidéo

Pourquoi on n'anime jamais un personnage à partir d'une description, et ce que ça change dans la façon de produire.

7 octobre 2026 · méthode · Roger · personnages

Deux essais, un verdict

Roger, notre acteur maison, a été construit une fois : sept vues sous une lumière plate, un bloc de description réécrit mot pour mot. Puis on a voulu l’animer. Premier essai : une phrase, « Roger sort ses lunettes de sa veste », envoyée à un générateur vidéo avec le personnage en référence. Le résultat bougeait bien. Ce n’était pas Roger : un autre visage, une autre coiffure, la veste à peu près. Deuxième essai : la même phrase, mais à partir d’une photo déjà validée de la planche de casting, posée comme première image du plan. Roger est resté Roger, du premier au dernier plan, avec la main aux reins puis les lunettes.

Les deux essais sont visibles sur sa page. Depuis, la règle vaut pour tous nos personnages.

Ce que ça change

Le texte vers vidéo demande au modèle d’inventer une image puis de la faire bouger. Deux inventions à la fois, et c’est la première qui dérive. L’image vers vidéo sépare les deux : on décide d’abord d’une image fixe, on la corrige jusqu’à ce qu’elle soit juste, et seulement ensuite on lui demande un mouvement. Le modèle vidéo part de ce qu’il voit ; s’il voit la bonne personne, il la garde.

Concrètement, chaque plan de nos films a donc une étape de plus : la start frame. On y règle tout ce qui ne se rattrape pas en animation : le cadre, le costume, l’époque, la direction d’un regard, la place d’un objet dans la main, l’absence de visage de face quand on n’en veut pas. C’est plus long au début. C’est beaucoup plus court à la fin, parce qu’on ne regénère plus un plan dix fois pour un sourcil.

Quand le texte vers vidéo garde sa place

Pour un décor sans personnage, une ambiance, un plan de coupe, le texte vers vidéo rend service : il invente vite et la dérive ne se voit pas. Dès qu’un personnage récurrent, un objet signature ou un détail d’époque entre dans le cadre, on repasse par l’image.

Ce qu’on en retient

Un personnage généré n’existe pas dans le modèle ; il existe dans ses images de référence. Tant qu’on repart d’elles, il tient. Dès qu’on le décrit, on le recaste.

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